Composante II : Développement des systèmes agricoles, d’élevage et de valorisation des ressources naturelles

L’objectif de cette composante est d’améliorer la sécurité alimentaire et de créer des emplois durables dans l’agriculture, l’élevage et les métiers connexes par :

(i) l’augmentation de la production et de la productivité des exploitations agricoles des groupes cibles, en priorité de leurs cultures vivrières et élevages domestiques, ainsi que par la valorisation et la mise en marché de ces produits, et

(ii) le renforcement de l´offre de services et d’appui-conseil au niveau local. Les appuis du Projet seront canalisés au travers d’organisations rurales de natures diverses (unions de coopératives, AGLC, groupements de producteurs ou d’utilisateurs d’une infrastructure, structures qui émergeront sous l’impulsion de la composante précédente, etc.) ou d’autres acteurs locaux professionnels (artisans, micro-entreprises, etc.), 

(iii) le renforcement des organisations paysannes pouvant contribuer et œuvrer de façon décisive dans ces domaines. 

Les populations cibles du PASK II sont constituées de petits producteurs/trices, ayant un taux d’équipement faible, faisant généralement peu usage d’intrants, fortement dépendants de la pluviométrie et développant des stratégies essentiellement tournées, du fait notamment de l’enclavement, vers l’autoconsommation. Des opportunités significatives existent cependant, dans la zone du Projet, pour leur permettre de mieux maîtriser et valoriser les ressources naturelles, en particulier : (i) les eaux de surface pour accroître les surfaces agricoles, sécuriser les productions et améliorer la fertilité des sols, et (ii) les espaces sylvo-pastoraux pour mieux exploiter les ressources fourragères mais aussi les produits forestiers non-ligneux. En outre le Gouvernement a entrepris de doter la zone d’axes routiers principaux qui devraient, à terme, rendre accessibles certains marchés. 

Cette composante s’appuiera sur : (i) l’approfondissement et la diffusion d’expériences et de méthodes déjà testées avec succès au sein de la zone et (ii) sur l’introduction d’approches et de mécanismes innovants. Le premier groupe comprendra les expériences (i) du PGRNG dans la mise en valeur des parcelles agricoles aménagées, (ii) du ProGRN pour la gestion collective des espaces pastoraux (iii) du GRDR pour son approche systémique et plus spécifique sur les domaines du maraîchage et de la petite agriculture et (iv) du PASK I dans le domaine du renforcement de l’offre locale de services/« métiers d’avenir »25. Au-delà du scaling-up de ces approches, à travers cette composante, le Projet introduira des innovations d’ordre technique mais aussi organisationnel par la promotion des organisations de producteurs et leur mise en réseaux thématiques et l’introduction d’instruments d’appui à la demande accessibles à ces organisations. 

La composante sera structurée en trois volets : (i) renforcement des capacités des organisations paysannes et des acteurs locaux ; (ii) appui aux initiatives locales de développement de la production agricole, de l’élevage ou de valorisation des ressources naturelles et (iii) appui pour l’analyse des systèmes de production et le conseil technique. Dès le démarrage du Projet, des campagnes de sensibilisation et d’information quant aux possibilités d’appui offertes par le PASK II dans le cadre de cette composante viseront en priorité: (i) les organisations et groupements paysans impliqués dans les actions menées au niveau de la composante « restauration des sols, mobilisation et gestion des eaux de surface »; (ii) les groupements existants d’utilisateurs d’infrastructures et/ou d’équipements hydro-agricoles (dotés ou non d’une personnalité juridique); (iii) les quelques organisations rurales les mieux structurées de la zone; (iv) un public de jeunes (hommes et femmes) susceptibles de se professionnaliser dans un certain nombre de métiers « porteurs » (ou « d’avenir ») connexes à l’agriculture et/ou l’élevage et/ou la valorisation des ressources naturelles. Des actions de sensibilisation (dont échanges entre paysans) seront également réalisées pour promouvoir l’établissement de nouvelles AGLC dans des zones non couvertes par le ProGRN. Le financement complémentaire du FEM-LDCF s’appliquera à des actions visant plus spécifiquement l’adaptation aux changements climatiques.

En termes de renforcement des capacités des organisations paysannes et des acteurs locaux, le Projet proposera (et/ou rendra accessibles) des actions d´information et de sensibilisation, des formations ou compétences techniques, économiques, juridiques, en organisation ou en gestion, des visites et des échanges d’expériences auprès d’Organisations Paysannes (OP) structurées et fonctionnelles dans le pays et dans la sous-région. Ces appuis seront proposés aux groupements de base ou à leurs unions, collectifs ou fédérations. Le PASK II pourra également appuyer les organisations paysannes dans la réalisation d’actes juridiques.

Les initiatives locales de développement de la production agricole, de l’élevage et de la valorisation des ressources naturelles seront financées à travers un Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques (FAIE). Les institutions de microfinance sont quasiment absentes de la zone d’intervention du PASK II. La revue menée en 2006 sur l’ensemble des activités de microfinance dans le portefeuille du FIDA26 avait rappelé les contraintes existantes et avait recommandé au PASK I d’abandonner la stratégie initialement prévue basée sur l’implantation de mutuelles: (i) faible densité de population, habitat dispersé (7 habitants/km2) et absence de gros villages27; (ii) enclavement fort de la zone; (iii) économie des ménages précaire et peu monétarisée; (iv) nombre et taille des marchés faibles (13 marchés soit environ un pour 48 villages); (v) cohésion sociale villageoise fragile et capacités d'auto-gestion faibles. Les quelques tentatives de lancement d’institutions de microfinance dans la zone (Unicef-Nissa-Bank, World Vision) n’ont pas abouti. 

Compte tenu du contexte, le PASK II n’envisage pas d’intervenir dans le développement d’institutions de microfinance. Son intervention principale se situera « en amont », dans la mesure où ses actions pourront contribuer à terme à faire émerger une demande solvable de services de microfinance (transferts au travers des activités HIMO, accroissement de la production et amorce de commercialisation, structuration du monde rural). Le PASK II facilitera l’articulation des organisations rurales qu’il appuiera avec les institutions de microfinance et/ou bancaires professionnelles et sûres établies dans les centres urbains les plus proches (Selibaby, Kaédi, Kiffa et peut être M’Bout) ou actives au sein de la zone. La revue annuelle des procédures et de l’orientation du FAIE prendra en compte l’évolution de l’offre de services financiers. Les adaptations à même de contribuer au renforcement d’une offre professionnelle et durable de services financiers accessibles et adaptés à la demande solvable des populations cible seront introduites.

La mise en oeuvre du FAIE se basera sur l’expérience du FIDA avec le Fonds d’Investissement Communautaire (FIC) dans le cadre du Programme de Développement Durable des Oasis (PDDO). Le FIC a établi des critères de ciblage, et des pourcentages de cofinancement par les bénéficiaires, selon la typologie des activités à financer. Le manuel de procédures du FIC sera utilisé pour la préparation du manuel de procédures du FAIE. Les demandes de financement au FAIE devront être soumises par des organisations rurales mais pourront porter sur des initiatives économiques de caractère collectif ou individuel29. Les activités éligibles comprendront notamment le maraîchage, les céréales et les légumineuses, les plantes à tubercules, les Produits Forestiers Non-Ligneux, l’aviculture traditionnelle améliorée, l’embouche de petits ruminants, et l’élevage pastoral, les activités d’amont et d’aval. Certains types de micro-projets en liaison directe avec les réponses aux changements climatiques seront financés sur ressources FEM selon les procédures FAIE. Les contributions du FAIE pourront couvrir les coûts d’études, de travaux, d’équipements (y compris transport et installation), de dotations initiales, en intrants, de conseil technique (y compris appui à la maîtrise d’ouvrage et contrôle de travaux), de formations, échanges et visites d’étude, etc. Les organisations rurales assumeront la maîtrise d’ouvrage et la passation des marchés selon des procédures transparentes et simples, similaires à celles du FIC. Les décisions de financement des actions seront prises au sein de commissions tripartites (projet, services techniques, membres des CCC) par sous-zone. Un gestionnaire et un comptable seront recrutés au sein de l’Unité de Gestion du Projet (UGP) pour l’opération du FAIE. 

En ce qui concerne l’analyse des systèmes de production et le conseil technique, le Projet déploiera une équipe d’appui et de conseil technique et économique, constituée d’ingénieurs et de techniciens supérieurs. Elle comprendra initialement au sein de chacune des quatre équipes du Projet (UGP et une équipe par moughataa) un/e agronome, un/e animateur, un/e spécialiste de l’élevage et un/e spécialiste de la gestion des ressources naturelles. Ce dispositif d’appui technique pourra s’étoffer en cours de Projet, par la mise en place de techniciens recrutés au sein des organisations paysannes, avec une contribution financière de la composante. Il sera également rendu accessible à certains acteurs individuels30, privés ou associatifs, qui pourraient fournir des services de qualité ou des expertises en appui-conseil adaptés aux besoins des producteurs. A l’issue du Projet, les principales organisations rurales devraient avoir développé en interne l’accès et le partage des savoirs techniques et économiques. 

Au-delà du travail d’animation, de conseil et de suivi direct auprès des producteurs et de leurs organisations, les équipes techniques du PASK II devront structurer, animer et alimenter31 des réseaux thématiques permettant l’intégration des OP de la zone au sein de filières par produits, facilitant ainsi leur accès aux marchés et aux savoirs techniques et économiques. Ces réseaux thématiques, organisés entre autres à partir des microprojets soutenus par le PASK II, devront favoriser les échanges d’expériences concernant certaines productions clés (quatre réseaux sur les productions végétales : maraîchage, céréales et légumineuses, tubercules, Produits Forestiers Non-Ligneux (PFNL), trois réseaux sur les productions animales : aviculture, petits ruminants, gestion pastorale). Des échanges avec les acteurs du ProLPRAF sur ces mêmes thèmes permettront de développer les synergies entre les deux Projets et de relier ces réseaux locaux à une dynamique nationale et assurer l’accès aux marchés à travers les sept filières appuyées par le ProLPRAF (maraîchage, aviculture, lait, Produits Forestiers Non-Ligneux, peaux et cuirs, viande rouge, dattes).