Composante I : Restauration des sols, mobilisation et gestion des eaux de surface

 Cette composante vise à étendre les superficies cultivables et sécuriser la production agricole par des aménagements de mobilisation des eaux de surface et de protection et restauration des sols qui permettront en outre, de réduire l’érosion et le ravinement sur les versants, et l’intensité des écoulements et l’ensablement dans les « thalwegs ». Leur réalisation sera confiée essentiellement à des organisations rurales, créant ainsi une incitation forte à leur émergence et à leur consolidation. Les modalités de mise en œuvre permettront, au travers de travaux de type HIMO et de modalités contractuelles innovantes, de leur transférer ainsi qu’à leurs membres les plus vulnérables des ressources pour des montants importants. La composante appuiera également l’émergence et le perfectionnement d’acteurs locaux professionnels (artisans, organisations rurales, micro-entreprises) dans les métiers (réalisation, maîtrise d’œuvre, fourniture de biens et services) liés à ces travaux ainsi que le transfert de technologies et de savoir-faire en matière d’encadrement. Cette composante répond à une demande forte des populations rurales et est en totale cohérence avec l’ensemble des politiques et stratégies nationales. Elle permettra un ciblage effectif sur les plus pauvres et une reconstitution/valorisation durable des ressources naturelles de la zone.  

La composante est basée sur le prolongement et l’amplification (scaling-up) des expériences développées, avec succès, dans le Sud de la zone par le PGRNG pour la démarche et les techniques d’aménagement des bassins versants et par le GRDR pour l’animation, la gestion et la réalisation des ouvrages de fond de thalweg. Elle intègre également les leçons tirées de « l’Entente Foncière » mise sur pied dans le cadre du Projet d’Amélioration des Cultures de Décrue à Maghama (PACDM), phases I et II, financé par le FIDA. Elle propose des modalités contractuelles innovantes destinées à motiver les communautés pour réaliser des aménagements hors des zones de culture, s’organiser et transférer en leur sein des ressources vers les plus pauvres.  

Dans la mise en œuvre de la composante, une approche d’aménagement intégrée des bassins versants sera adoptée où l’interaction entre l’amont et l’aval sera prise en considération. Le choix des sites d’intervention sera défini : par les mécanismes de ciblage sur les plus pauvres du Projet ; en fonction des potentialités et contraintes techniques ; en fonction de la motivation et des capacités des organisations rurales de chaque site.  

Les aménagements réalisés sur les versants (sur environ 9 000 ha) pourront être constitués de: cordons de pierres, digues filtrantes, diguettes en pierres sèches, et/ou végétalisation. Les seuils de ralentissement et de correction de profil situés dans les thalwegs seront réalisés en pierres sèches ou en gabions. Le PASK II appuiera en outre la réalisation de micro-barrages constitués par un seuil déversant en béton cyclopéen (faible hauteur < 2m) comportant un déversoir, des murs de fermetures latéraux, un bassin de dissipation, un système de vidange et un aménagement à l’aval de l’ouvrage qui permettent de récupérer les eaux de vidanges. Ces digues devraient permettre, pour chacune en moyenne, de valoriser, en amont, 15 à 20 ha de culture de décrue et, en aval21, à partir du dispositif de vidange, 4 à 5 ha, en irrigation au goutte à goutte. L’ensemble de ces options techniques pourra être complété ou adapté en cours de Projet.  

La réalisation d’aménagements sur les versants, en dehors des zones cultivées, fera l’objet d’un accord entre le Projet (ou son mandataire) et une organisation rurale dotée d’une personnalité juridique (ou en voie de l’être). Le Projet pourra prendre en charge l’appui logistique (transport des pierres notamment), la formation et l’encadrement technique selon les modalités déjà utilisées dans le PGRNG. Il prendra également en charge les coûts de main d’œuvre dans les limites d’une enveloppe basée sur des normes techniques, quantitatives22 et des coûts paramétriques définis par le PASK II pour chaque type d’ouvrage. Un mécanisme de suivi et de contrôle sera mis en place par l’organisation rurale (pointage journalier) et par le Projet (périodique). Plutôt que de rétrocéder la totalité de cette enveloppe « main d’œuvre » à ses membres sous forme de salaires journaliers, l’organisation rurale pourra décider, en assemblée générale, de réaliser une « marge ». Après réception du chantier par le Projet, elle sera ensuite libre d’utiliser cette « marge » pour contribuer à des activités/initiatives inscrites dans son plan d’action et validées par le Projet. Cette modalité devrait (i) inciter les communautés à s’organiser, (ii) permettre aux organisations rurales de cibler les plus pauvres au sein de leurs communautés, et de leur transférer des ressources sous forme de rémunérations, (iii) permettre aux organisations rurales de se capitaliser et de commencer à construire leur autonomie.  

le PASK II déléguera une partie de ses activités à des partenaires implantés dans la zone et y ayant développé avec succès des activités et ayant acquis une expérience pertinentes. Ainsi, dans le cadre de cette composante, le PASK II déléguera : 

(i) la mise en œuvre du volet aménagements en pierres sèches sur les versants et les parcelles cultivées (approche introduite par le PGRNG) au Programme de Gestion des Ressources Naturelles (ProGRN) appuyé par la coopération allemande qui a entrepris de poursuivre, d’approfondir et de diffuser les acquis du PGRNG; 

(ii) la phase préparatoire à la construction des micro-barrages au GRDR (la phase de réalisation sera, elle, gérée directement par l’UGP du PASK II) qui possède déjà une expérience locale dans ce domaine.