Que faisons nous?

Approche

Le PASK II privilégiera (en termes de volume d’activité et de montants financiers) la diffusion, la réplication et l’amplification/reproduction/extension (« scaling-up ») d’expériences pertinentes déjà développées au sein de la zone ou dans des contextes similaires, notamment: (i) les méthodes d’aménagement et de conservation des sols développées dans le cadre du PGRNG; (ii) le renforcement de la maîtrise d’ouvrage à l’échelle communale selon une approche et des procédures adaptées; (iii) la gestion inter-communautaire des espaces sylvo-pastoraux ; (iv) l’émergence et le renforcement d’une offre locale de services, privée et tournée vers les « métiers d’avenir » nécessaires à la valorisation des potentialités de la zone à l’image du succès rencontré par l’appui fourni dans le cadre du PASK à la formation et l’installation d’agents auxiliaires vétérinaires ou pour le tissage des gabions. Pour les domaines où ce type d’acquis n’est pas disponible, le PASK II privilégiera la mise en œuvre directe par les équipes du Projet.

La maîtrise d’ouvrage sera exercée par les municipalités pour les actions qui relèvent de leur mandat exclusif. Pour les autres activités, chaque fois que cela sera possible, le Projet confiera la maîtrise d’ouvrage à des organisations rurales. Le Projet appuiera le renforcement de leurs capacités de maîtrise d’ouvrage. Le cas échéant, il les appuiera à passer des conventions (de délégation notamment) avec des entités publiques (cas de la gestion des écoles, des postes de santé, etc.).

La mise en œuvre sera chaque fois que possible confiée à des organisations rurales. Quand cela ne sera pas adapté, les modalités choisies devront être conçues pour promouvoir l’émergence et la consolidation d’un tissu durable et professionnel d’artisans et de micro et petites entreprises locales. Les actions qui ne pourraient être mises en œuvre selon ces modalités seront exécutées directement par les équipes du Projet ou au travers de marchés publics classiques (ou des conventions).

Le PASK II utilisera les travaux à Haute Intensité de Main d’Oeuvre non seulement pour (i) réaliser des ouvrages d’intérêt collectif (en particulier des aménagements anti-érosifs) et (ii) transférer des ressources aux individus les plus vulnérables, mais aussi pour (iii) catalyser le processus d’émergence des organisations rurales (voir Annexe 5).

Dans chaque domaine, le Projet visera à déployer et mettre en œuvre les politiques nationales du domaine et à contribuer dans la mesure de ses capacités à les perfectionner. Pour cela, il établira un dialogue de politiques avec les structures nationales compétentes et des relations d’échange et de travail avec les structures déconcentrées. Le PASK II appuiera en outre les organisations rurales à s’articuler avec les administrations et à connaitre et s’insérer dans le cadre juridique et réglementaire et les politiques nationales. Ces actions seront réalisées en partenariat avec les services publics compétents dans chaque domaine.

Stratégie et ciblage de genre

Le groupe cible du PASK II est constitué des ménages ruraux pauvres et très pauvres (essentiellement des petits agriculteurs/éleveurs) des trois moughataas (21 000 soit 125 000 personnes dont 43% dans la moughataa de M’Bout, 37% à Kankossa et 21% Ould-Yengé). Environ un tiers de ces ménages sont dirigés par des femmes. Au sein de ce groupe l’accent sera mis sur: (i) les femmes pauvres appartenant à la population active (15 à 65 ans), dont le nombre est estimé à 30 000 et (ii) les jeunes de 15 à 24 ans, dont l’effectif est estimé à environ 20 000 (dont 9 000 jeunes hommes).

La stratégie de ciblage du PASK II combine: (i) un ciblage géographique, réalisé par le Projet, par le choix de la zone globale d’intervention et celui des villages prioritaires, en fonction du degré de pauvreté et d’exposition au changement climatique, de potentialités économiques et de certaines opportunités techniques (possibilités de mobilisation des eaux de surface en particulier), (ii) un ciblage sur les deux groupes spécifiques que sont les femmes et les jeunes qui sera réalisé par le choix des activités du Projet, et des mesures spécifiques au sein de chacune d’elles, (iii) un ciblage intra-communautaire, réalisé par les communautés elles-mêmes sur leurs membres les plus vulnérables et par le Projet au travers de méthodes et d’instruments auto-ciblants (ententes foncières, travaux HIMO, etc.). Le PASK II encouragera et appuiera les autres acteurs locaux pour qu’ils s’approprient, et appliquent, cette logique de ciblage.

La stratégie de genre a été construite sur une logique similaire à celle du ciblage: (i) activités visant spécifiquement et directement les aspects de genre (alphabétisation féminine, sessions IEC sur les droits des femmes, sur les relations et le partage du travail et des responsabilités au sein des ménages, etc.); (ii) importance donnée à des activités maîtrisées par les femmes telles que le maraîchage, l’aviculture, etc., et mesures permettant aux femmes un accès équitable au foncier; (iii) place des femmes au sein des organisations rurales, y compris la mise en place de quotas pour leur participation et gestion. Elle a également pris en compte la promotion d’alternatives à l’exode des hommes, et surtout des jeunes hommes, par la mise à la disposition des ménages d’opportunités économiques nouvelles.